C'est maintenant que le temps passe trop vite, je n'ai pas besoin d'attendre que tout soit fini pour l'affirmer. Un an. Rien qu'un an. C'est un an qu'il nous reste pour vivre plus fort ce qu'on a vécu par habitude jusqu'à présent. Je déteste les habitudes, c'est malsain, ça se propage à l'intérieur de nous même, et lorsqu'elles se chamboulent, très souvent, on en ressent comme de la douleur, inévitablement. Je ne veux m'habituer à rien, je ne voulais pas avoir de regrets. Et pourtant, quand l'an ultime sera passé, je regretterai tout ce à quoi je me suis habituée jusqu'ici. Mes habitudes vont valser, et, bien sûr, j'en souffrirai. C'est sans appel, j'aurai mal de devoir tout quitter. Le pire est surement que je ne pense à rien de précis. Parce que quelque chose de précis se matérialise, il ne prend pas toute la place, il n'encercle pas toute une vie. Il en fait juste partie. Moi, je vous parle de MA vie, dans sa généralité. MON lycée, MES amis, les vrais uniquement, MA famille, et l'ambiance que générait tout ça. L'atmosphère dans laquelle je baigne pour l'instant est éphémère, et c'est abominable d'en prendre conscience. Dans un an. Je serais obligée de m'arracher à mon petit quotidien d'adolescente, histoire de m'engouffrer dans quelque chose dont je ne saurai rien, absolument rien. Et l'inconnu effraye, tout le monde le sait. J'ignore pourquoi tout fait surface maintenant, c'est un peu étrange, parce qu'après tout, il me reste une année entière. Mais c'est court, tellement court et bien trop peu pour tout ce que j'aimerais en faire, de mon ultime année de lycéenne. On sera tous forcé de quitter l'adolescence, on aura tous dix-huit ans, on sera tous dispersé aux quatre vents. Je refuse de n'en choisir qu'un seul, je voudrais tellement pouvoir m'envoler avec les quatre en même temps, pour vous suivre tous. Je suppose que c'est ça, grandir. Je n'aime pas cette idée, grandir est terrifiant, ça engendre des changements trop importants auxquels je ne suis pas encore prête. Vous me direz, il me reste un an, ça a l'air si facile vu de façon objective... Non, s'il y a bien une chose que je ne suis pas, c'est objective. Je considère les choses d'une façon particulière. Enfin, n'importe qui pourrait dire la même chose. Et je décide aujourd'hui de ne pas être n'importe qui. Et je ne sais même pas pourquoi maintenant, pourquoi CE soir, mon esprit a décidé de réaliser tout ça, toute cette histoire de temps qui passe. C'est peut être ridicule d'en parler tant, après tout, le temps passe, c'est une vérité générale évidente que le monde entier se voit forcé de subir. Je subis aussi, Mais par bêtise, j'écris. Pour me rappeler de ce qu'a été « Avant », avant même qu'il soit passé. Ca existe ça, se souvenir de l'avenir ? Je me fiche de tout ça, après tout. J'ai encore un an. Une année toute entière, avec eux, avec elles, avec Lui, qui a tout changé dès lors que ses yeux ont croisé les miens, pour le meilleur, je supporterai le temps qui passe avec lui, s'il vous plait. Une année toute entière là bas, et ici. Un an. Je ferai comme si c'était très long...